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Sunday, November 28, 2021
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Taekwondo | 20 784 vues

Taekwondo / Exclusif :  » Il reste beaucoup à faire pour rivaliser avec les grandes nations « ; Romaric Kiki

Romaric Kiki est un ingénieur agronome de profession. Frère cadet d’une famille de quatre enfants, le capitaine de l’équipe de…

20 784 vues , dans Taekwondo , le 6 juin 2020 Étiquettes : , , ,


Romaric Kiki est un ingénieur agronome de profession. Frère cadet d’une famille de quatre enfants, le capitaine de l’équipe de Taekwondo du Bénin, dans cet entretien qu’il nous a accordé, porte son regard critique sur cette discipline qui peine à se développer dans son pays natal. 

Bénin Sports : Bonjour Romaric Kiki, vous êtes capitaine de l’équipe nationale de Taekwondo du Bénin. Comment va l’équipe nationale ?
Romaric Kiki : Bonjour Bénin Sports, merci de me donner l’occasion de parler de moi et de ma discipline sportive. Pour répondre à votre question, je dois dire que l’équipe nationale du Bénin se porte très bien, même si actuellement tout regroupement d’athlète est impossible en raison de la crise sanitaire dû au coronavirus. Les athlètes ne manquent pas néanmoins de garder la forme chez eux bien sûr sous l’œil avisé des responsables techniques. 

Que peut-on retenir de vous pour cette olympiade marquée par la crise sanitaire ?

Cette olympiade m’a particulièrement permise d’atteindre ma pleine maturité dans ma discipline sportive qu’est le Taekwondo. Et cette année deux mille vingt, année des jeux olympiques, était l’année de la concrétisation ; mais cette crise sanitaire est venue déjouer tous les plans n’empêche que j’ai espoir que tout reprenne très vite.

Comment vous vivez justement cette période critique ?

Cette période est assez difficile pour tous les acteurs du monde sportif et c’est aussi mon cas puisque j’en fais partie. Cependant, j’ai acquis la capacité de voir toujours le bon côté des choses dans tout ce qui m’arrive et donc je vis plus ou moins bien ce moment passager. En effet, cet arrêt me permet par exemple de mieux penser à la suite de ma carrière au Taekwondo, de mettre un accent particulier sur mon physique notamment pour prévenir des blessures éventuelles quand les activités reprendront, de beaucoup me reposer ce qui était pratiquement un luxe quand la saison démarre, de profiter pour taper à des portes pour de probables financements de mes activités, etc…

Être capitaine d’une sélection nationale d’un sport individuel, est-ce  facile ?

Être Capitaine, je dois dire que ce n’est pas du tout facile. Il faut être un vrai leader pour y arriver. Il faut être au service pratiquement de vos collègues, pouvoir porter leurs doléances au niveau de la direction technique et du comité exécutif et vice versa, pouvoir faire passer le besoin des autres avant le vôtre, pouvoir rester serein devant vos collègues même quand vous sentez que ça va mal et aussi pouvoir montrer le bon exemple aussi bien dans le travail qu’au niveau de votre personnalité.

Vous êtes issu d’une famille de Taekwondo. Comment ça se vit à la maison ?Comme je l’ai dit plus haut, tous mes frères font du Taekwondo de haut niveau donc logiquement toutes nos conversations tournent beaucoup autour du Taekwondo. Même si géographiquement nous n’arrivons plus à travailler ensemble, nous ne manquons pas de le faire par le biais des réseaux sociaux. Ainsi, par exemple aujourd’hui, nous vivons entre trois continents, L’Afrique, l’Europe et L’Amérique et parfois le Taekwondo peut se pratiquer de diverses façons. Nous essayons de faire un mixage de ces trois formes de pratiques et je dois dire que ça porte des fruits. Nous ne manquons pas également de nous motiver à ne pas baisser les bras souvent face à la dure réalité de ce sport qui n’est pas encore véritablement professionnel. 

En tant que capitaine de la sélection, quelle est votre lecture du niveau du Taekwondo béninois ?

En tant que Capitaine, le niveau du Taekwondo béninois est aujourd’hui acceptable. Mais, il reste encore beaucoup à faire pour rivaliser avec les grandes nations de Taekwondo sur le plan international. Le Gouvernement du Bénin depuis l’avènement du Président Talon fait beaucoup pour le sport en général mais le fossé reste toujours grand. 

Que préconisez-vous pour que les choses changent pour le développement de cet art martial au Bénin ?

Le taekwondo est un sport certes individuel, mais il ne peut se pratiquer seul surtout du côté Olympique. Votre évolution en compétition dépend des adversaires que vous avez aussi bien au cours de vos entraînements (collègues ou sparring partner) ou de vos championnats nationaux. Elle dépend également en majorité de la durée que vous passez dans cet art martial c’est-à-dire de l’expérience que vous accumulez pendant plusieurs années. Partant de ces deux constats, c’est très difficile pour un grand nombre de parents de nos jours de laisser son enfant faire carrière dedans surtout qu’ils ne voient souvent pas le bout du tunnel. En effet, à part la fierté de participer à l’effort de développement de sa nation en portant haut le drapeau national faire du sport de compétition ne vous garantit pas au jour d’aujourd’hui une réelle autonomie financière. Et donc beaucoup, de parents ne veulent pas laisser leurs enfants emprunter ce chemin. Je prends le cas des classes sportives où le Gouvernement a certes mis des moyens pour former et mettre sur le terrain des encadreurs dans plusieurs disciplines notamment le Taekwondo, mais force est de constater que malgré la gratuité des cours les enfants ne se bousculent pas pour y prendre part. C’est bien parce qu’à l’heure où nous parlons, les sélections nationales qui doivent les consommer au finish ne se portent pas super bien pour susciter l’émulation chez ces jeunes. Il urge donc que la décision du ministère de faire signer des contrats aux athlètes soit très vite mise en application et que le sport à l’instar d’autres pays soit un métier comme tout autre. Ainsi le regard porté sur les acteurs sportifs va beaucoup changer. Aussi, les moyens pour aller faire régulièrement des compétitions histoires d’être toujours en jambes font grands défaut. Il urge aussi que les sponsors entrent véritablement dans la danse pour appuyer les fédérations sportives. 

Votre conclusion

Je tiens à vous remercier pour cette opportunité que vous m’offrez de  parler de moi et de ma passion le Taekwondo. Je passe par ce canal pour remercier le Président de la République M. Patrice Talon et son ministre des Sports M. Homéky Oswald pour cette opportunité qu’ils offrent à la jeunesse de faire parler de notre patrie commune. Je n’oublie pas également tous les bureaux exécutifs successifs à ce jour de la fédération Béninoise de Taekwondo qui se sont battus et continuent de se battre pour l’essor du taekwondo béninois, tous mes encadreurs à divers niveaux, mes partenaires en équipe nationale, ma famille et tous ceux qui me soutiennent de prêts ou de loin. J’en profite enfin pour demander à toutes les bonnes volontés de m’accompagner pour hisser plus haut le drapeau national.

Réalisation : Sènankpon Pérez Lekotan

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