Friday, September 30, 2022
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Escrime :  » Nous avons fait notre petit bonhomme de chemin « ; Jacques Okoumassoun

  Ancien militaire, pilote raté, le désormais ancien journaliste était l’invité de Bénin Sports à Cœur Ouvert ce 15 Juillet…



 

Ancien militaire, pilote raté, le désormais ancien journaliste était l’invité de Bénin Sports à Cœur Ouvert ce 15 Juillet 2020. Actuellement, Président de la Fédération béninoise d’Escrime, Jacques Okoumassoun revient sur les conditions dans lesquelles il a mis en place la Fédération. Il expose l’état des lieux de la pratique de l’Escrime au Bénin avant d’évoquer les perspectives.

 

www.benin-sports.com : Jacques Okoumassoun, dites-nous comment êtes-vous allé à l’Escrime ?

 

Certaines personnes savent comment je suis arrivé à devenir dirigeant de Fédération en tant que journaliste sportif. Ce n’est pas facile de faire confiance à des jeunes qui ont des crocs à la place des dents et qui voudront vite chercher à prendre certaines responsabilités. Du coup, les aînés peut -être n’ont pas voulu tout de suite me faire confiance. Ils se sont dits qu’ils ne peuvent pas laisser Jacques Okoumassoun surtout qu’il n’a pas sa langue dans la poche et dit tout haut ce que les autres pensent tout bas. Mais, ils ont oublié que j’ai eu la chance d’avoir une vie suffisamment militaire où je sais ce qu’il faut dire, ce qu’il ne faut pas dire. Et donc, lorsque je mets tout ceci dans la balance, j’ai quand même respecté un certain nombre de choses parce que la responsabilité d’une fédération demande beaucoup de calme, de sérénité et de sang froid. Parlant de l’origine de la Fédération béninoise d’Escrime, il faut dire que j’étais à Paris en 2007 en stage à TF1 quand j’ai rencontré Daniel Pautrat, l’ancien PDG de Eurosport qui m’a invité à rencontrer un jour son ami, feu René Rock, ancien Président de la Fédération Internationale d’Escrime. Au bout des échanges avec René, celui-ci me faisait comprendre qu’il souhaite démocratiser l’Escrime en Afrique puisqu’après l’Afrique du Nord et le Sénégal, les pays en Afrique sub-saharienne ne connaissent pas la discipline. Il me propose alors d’être l’ambassadeur de la discipline; ce que j’ai accepté avec beaucoup d’amour et d’admiration nonobstant le fait que je ne connaissais même pas les règles de la discipline. C’était assez hallucinant de porter un tel projet et c’est comme ça que j’ai ramené l’Escrime au Bénin en l’occurrence au Comité National Olympique qui après 4 ans de formalités, m’ont permis de mettre sur les fonts baptismaux plusieurs associations le 29 Décembre 2012 afin d’avoir une Fédération. Il faut dire que pendant les quatre premières années de l’Escrime, de 2008 à 2012, en tant qu’association, j’ai existé sur le plan international, ce qui m’a permis de découvrir certains escrimeurs bi-nationaux qui ont porté les couleurs nationales alors que je n’avais pas des maîtres d’armes. J’ai alors négocié avec la Fédération Internationale d’Escrime, avec la Confédération africaine d’Escrime, avec la Fondation Ousmane Or pour avoir des formations et des stages sur le plan international afin de former les maîtres d’arme. Le premier a été l’adjudant Wiliam Chrysostome qui a pris la responsabilité d’être le premier Béninois à se faire former à l’école Internationale des maîtres d’arme de Dakar. Nous avons fait notre petit bonhomme de chemin et aujourd’hui nous avons déjà 8 maîtres d’armes.

 

Quel est aujourd’hui l’Etat des lieux de la pratique de l’Escrime au Bénin ?

 

Parlant de l’état des lieux, j’ai signé un protocole d’accord avec les Forces armées béninoises parce que je me rends compte que nous n’avons pas les moyens de payer les maîtres d’armes. Sous d’autres cieux, ces derniers ont un salaire que payent les associations dans lesquelles ils viennent travailler. Ici, on a que 6 associations dont 4 actives et dirigées par des maîtres d’armes militaires. Ces maîtres d’armes ont été mis à notre disposition grâce à l’effort conjugué de l’adjudant William Chrysostom, le Colonel Fructueux Gbaguidi, Chef d’État-major et le Colonel Tétédé. Aujourd’hui, si l’Escrime existe et tient encore, c’est grâce aux militaires et grâce au Colonel Gbaguidi qui a libéré ces quatre militaires afin qu’ils s’occupent exclusivement de la formation dans les associations d’Escrime. Ça a porté la Fédération béninoise d’Escrime à un niveau très respectable. Aussi, nous avons misé sur la formation des gamins de 8 ans à 12 ans et on a le niveau pour participer aux championnats cadets et juniors du monde en Floride aux États-Unis qui malheureusement ont été annulés pour cause de Coronavirus. L’Égypte a récupéré l’organisation mais les entraînements des gamins interrompus depuis Mars dernier n’ont pas encore repris. Je pense que ce mal sera vite conjugué au passé pour que les jeunes reprennent les séances d’entraînement pour pouvoir participer tout au moins aux Jeux mondiaux de la Jeunesse a Dakar en 2022. Notre rêve est quand même d’y participer et de ramener beaucoup de médailles au Bénin.

 

Les perspectives de la Fédération béninoise d’Escrime ?

 

Les perspectives à court terme sont de disposer d’une équipe dirigeante assez solide. Aussi, voulons-nous que le Ministère et le Comité National Olympique comprennent que l’Escrime est une discipline très onéreuse, les matériels, les tenues, les armes, tout coûte cher et il faudrait qu’on nous aide car on a pu acheter une piste professionnelle et recevoir en don, deux pistes d’entraînement. À moyen terme, nous allons œuvrer pour avoir d’ici là au moins 500 licenciés dans les écoles, collèges et lycées. Ceux-ci vont être le baromètre de l’Escrime dès qu’ils auront le Baccalauréat. À long terme, nous souhaitons être présents aux Jeux mondiaux en 2022 et juste après, aux Jeux olympiques de Paris en 2024.

 

Réalisation : Pérez Lekotan

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